Le numérique là où il est utile, l'artisanat là où il fait la différence

Qu'il s'agisse d'un système de caisse numérique, d'une boutique en ligne ou de la planification de la production, la technologie a progressivement trouvé sa place dans la boulangerie artisanale. Pourtant, la numérisation ne signifie en aucun cas la disparition du savoir-faire artisanal. Une nouvelle étude menée par Le Panel Boulangers montre que les boulangers belges adoptent principalement les outils numériques lorsqu'ils peuvent faciliter leur travail quotidien. Dans les ateliers de production, l'intervention du boulanger reste toutefois essentielle.

En avril et mai 2026, 159 entreprises de boulangerie artisanale belges ont participé à une enquête menée par Le Panel Boulangers. Cette étude dresse un état des lieux des évolutions dans le secteur de la boulangerie artisanale, en mettant notamment l'accent sur le pain, les mélanges pour pain, les améliorants pour pain, la gestion de l'entreprise ainsi que les sources d'information et d'inspiration des boulangers dans le cadre de leur activité professionnelle.

L'un des thèmes abordés est la technologie. Un constat se dégage clairement : les outils numériques font désormais partie du quotidien de nombreux boulangers.

Près de deux boulangers sur trois (64 %) utilisent un système de caisse numérique. Quatre sur dix utilisent un logiciel de comptabilité et un peu plus d'un tiers (34 %) disposent d'un système de commande en ligne ou de gestion numérique de la clientèle, tel qu'une boutique en ligne. Les applications numériques sont donc principalement utilisées dans les domaines de la vente et de la gestion de l'entreprise.

En matière de production, la situation est différente. Environ un boulanger sur cinq utilise des machines de production à commande numérique (21 %) ou des outils numériques de planification, notamment pour la production (20 %). Les systèmes de gestion des stocks, utilisés par seulement 7 % des boulangers, sont pour l'instant beaucoup moins répandus. Parallèlement, 18 % des boulangers déclarent n'utiliser aucune des technologies mentionnées dans l'enquête.

Le réglage des machines reste largement manuel

La situation est particulièrement intéressante lorsque l'on examine la manière dont les boulangers règlent leurs principales machines de production. Les résultats montrent à quel point le savoir-faire artisanal reste ancré dans les pratiques quotidiennes.

Pas moins de 81 % des boulangers règlent leurs principales machines entièrement à la main. Un peu plus d'un quart (26 %) utilisent des machines à commande numérique dotées de programmes personnalisables, tandis que 15 % utilisent des machines équipées de programmes numériques prédéfinis.

Tous les boulangers n'adoptent pas le numérique au même rythme

Les boulangers flamands utilisent davantage les systèmes de caisse numériques que leurs confrères de Wallonie et de Bruxelles : 69 % contre 54 %. Les machines de production à commande numérique sont également nettement plus répandues en Flandre : 28 % contre 8 %.

Les différences sont encore plus marquées selon le profil entrepreneurial des boulangers. Parmi les boulangers à profil entrepreneurial, 86 % utilisent un système de caisse numérique, contre 53 % des boulangers orientés vers la clientèle. En ce qui concerne les systèmes de commande en ligne ou de gestion numérique de la clientèle, l'écart est encore plus important : 66 % des boulangers à profil entrepreneurial y ont recours, contre 21 % des boulangers orientés vers la clientèle. Les outils numériques de planification de la production et les machines à commande numérique sont également plus fréquemment utilisés par les boulangers à profil entrepreneurial.

L'âge joue également un rôle. Les boulangers âgés de 40 à 54 ans utilisent davantage les outils numériques de planification de la production que ceux de 55 ans et plus (25 % contre 11 %). Les systèmes de commande en ligne ou de gestion numérique de la clientèle sont également plus répandus dans cette tranche d'âge (40 % contre 21 %). Parmi les boulangers de 55 ans et plus, 24 % déclarent n'utiliser aucune des technologies mentionnées, contre 14 % chez les 40 à 54 ans.

Une numérisation au service du métier

Ces chiffres ne donnent donc pas l'image d'un secteur qui basculerait soudainement vers le tout numérique. Ils témoignent plutôt d'une numérisation progressive et pragmatique.

Les systèmes de caisse, la gestion administrative et les commandes en ligne arrivent en tête des applications. Dans les ateliers de production, les réglages manuels restent largement prédominants.

Cette combinaison est intéressante : la technologie prend en charge certaines tâches ou facilite certains processus lorsqu'elle apporte une réelle valeur ajoutée, tandis que les connaissances, l'expérience et le savoir-faire du boulanger restent au cœur du métier.

Pour le boulanger artisanal, la question n'est donc peut-être pas tant : « Dans quelle mesure ma boulangerie doit-elle passer au numérique ? » mais plutôt : « Dans quels domaines la technologie peut-elle me faire gagner du temps, m'offrir une meilleure vue d'ensemble ou améliorer ma rentabilité, afin que je puisse consacrer davantage de temps à mon métier et à mes clients ? »

Car, en fin de compte, le numérique et l'artisanat ne sont pas nécessairement opposés. Bien utilisée, la technologie peut au contraire permettre au boulanger de consacrer davantage de temps à ce qui fait la spécificité de son métier.

Source : Le Panel Boulangers, 3 novembre 2026

Cookies offrent une utilisation simple du site. Ces cookies ne collectent pas de données personnelles. En savoir plus